Bienvenue sur Plume en herbe

Vous voici sur le blog "pédagogique de commentaires d'actualité". Un entraînement débuté parmi les palmiers sous le soleil de Cannes à l'Iut journalisme... Louise Tempier, jeune padawan dans ce monde à part, vous emmène.
The Savage Eye ressemble l'un de ces docu-fictions en vogue dans le cinéma contemporain. Erreur, si le film est à l'affiche en ce moment, il est sorti en 1960. Cette séance d'une heure et demi peut en dérouter plus d'un, venu avec la seule lecture du pitch en poche. Voici ce que nous dit effectivement le synopsis banal :

"La caméra suit Judith dans les rues de Los Angeles. Récemment divorcée, elle tente de refaire sa vie. Au cours de ses pérégrinations, elle va faire d'étranges rencontres dans le milieu des fanatiques religieux, des laissés-pour-compte du monde urbain, de toutes sortes de gens qui, bien qu'à l'image de son propre échec personnel, lui donneront la volonté de refaire sa vie."

On s'attend donc tout naturellement à l'histoire d'une nana vaguement féministe qui va arpenter les rues de Los Angeles, temple de la consommation et en critiquer les moeurs ambiantes au détour de diverses rencontres de personnages atypiques qui la guideront. Que nenni...

La surprise

Le film a été réalisée vers la fin des années cinquantes, ici, l'image est en noir et blanc, les séquences sont longues et enchaînées sans lien, la musique ressemble à Citizen Kane et le personnage centrale ne l'est jamais vraiment. Effectivement Judith McGuire vient de divorcer et a fui à Los Angeles, effectivement elle tente tant bien que mal de vivre sa nouvelle vie de femme libérée et seule, effectivement elle croise plusieurs personnages. Mais jamais on ne l'entend parler avec ces gens. Judith parle avec sa conscience, une voix-off poéte qui nous accompagne tout au long du film. Elle lui raconte ses pérégrinations, ses peines, ses déceptions, ses consoeurs délaissées, sa souffrance.

Et surtout, Judith nous emmnène avec elle dans ce monde de gens isolés, marqués. Le film nous dépeint l'état de délabrement d'une Amérique en pleine mutation consommatrice et individualiste. On découvre les salons de coiffures, les magasins, les bars, la rue, les accidents, les séances de yoga, les terrains de lutte, les soirées où tout ce petit monde évolue et tente de se faire une place dans la société. Ils souffrent, cherchent un échappatoire autour d'un prête guérisseur pentecôtiste venu les délivrer de leurs maux.

Poésie des mots et noirceur de l'image nous font pénétrer dans cette ronde des fantômes de l'American way of life. Replaçons-nous dans le contexte. Fin des années cinquante, Hollywood se prend une claque avec l'arrivée de la télévision et les nouvelles vagues cinématographiques qui émergent un peu partout. Les films deviennent des outils politiques, artistiques ou polémiques qui se crééent hors des studios prestigieux et avec peu de moyens. Trois réalisateurs entrent dans ce ballet, Ben Maddow, Sidney Meyers er Joseph Strick. Ensemble, le trio veut dénoncer ce cauchemar climatisé dans lequel est plongé leur société. Et plus de quarante ans plus tard, ce docu-fiction a toujours des répercussions, des similitudes. Solitude des femmes modélisées par l'esprit et le pouvoir des hommes, difficulté économique et chômage, souffrance et déception de l'amour, espoir fou de guérir et trouver une paix intérieure.

Le petit plus

Le film est précédé du court-métrage Vétérans du massacre de My Lai de Joseph Strick. Des ex-soldats nous livrent par bouts d'interviews ce qu'ils ont vécu durant ce tragique épisode du conflit vietnamien. Des paroles dures qui racontent le massacre, les viols, la mort, les mines et la folie humaine. Ces prémices du film à venir lui avait fait remporté l'oscar du meilleur documentaire en 1971 et avaient surtout permis de généraliser le mouvement anti-guerre. Pour la première fois, l'Amérique découvrait les crimes de guerre et les dérapages de jeunes soldats ordinaires. Des instants de folie meurtrière qui une fois encore sont toujours tristement présents sur la scène internationale.

On ne comprend pas toujours tout, des passages semblent parfois longs et flottant mais on ressent. Et on ne peut rester insensible après l'avoir vu. A la sortie, on se sent dépassé, dubatif, un peu perplexe mais on a vécu quelque chose.
Une opération des forces armées colombiennes dans le sud-est du pays a permis le mercredi 2 juillet la libération de l'ancienne candidate d'Oxygène, trois citoyens américains et onze militaires colombiens. C'est Juan Manuel Santos, le ministre colombien de la défense qui a annoncé la bonne nouvelle à Bogota. Le politicien a expliqué que l'opération était en marche depuis près d'un an : "Les otages ont été libérés lors d'une opération de l'armée au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie." Les otages étaient divisés en trois groupes, les agens infiltrés parmi les gardiens guérilleros ont annoncé un faux ordre d'Alfonso Cano, le nouveau chef des FARC. Les otages ont ainsi été rassemblées par leur geôliers pour un transfert au sud du pays. "Puis un hélicoptère, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement à proximité du département du Guaviare", a ajouté Juan Manuel Santos.  Les guérilleros ont immédiatement été neutralisés.

Une initiative qui efface tous les ratés accumulés en six ans de l'opération de Dominique de Villepin rebaptisé les "Pieds Nickelés" en 2003 à la mission franco-colombienne de mars 2008. Ingrid avait été arrêtée par les FARC le 23 février 2002 pendant sa campagne électorale  alors qu'elle se rendait à Vicente en territoire FARC rencontrer le maire de la ville élu sous son étiquette, malgré la désapprobation de l'armée. Ingrid avait été emmenée avec son amie et collaboratrice, Clara Rojas, elle-même libérée en janvier dernier.

La dernière preuve de vie vidéo de l'otage remontait à novembre 2007. L'ex-candidate de 46 ans apparaissait amaigrie et à bout de forces. De quoi nous permettre de dormir tranquille ce soir...

On l'avait attendu... et pas qu'un peu ce nouvel opus ! On avait même arrêté de chercher des infos sur une sortie hypothétique de ce nouvel best-seller. Alors forcément un soir, ça nous tombe dessus sans prévenir. La journée a été chargée, un petit tour en librairie pour se détendre et là sur une pile, il apparaît. Presqu'un mirage. L'ouvrage est épais, lourd, comme on les aime. De ceux qui ne font pas peur mais attise la curiosité. De ceux dont on sait déjà qu'ils vont nous tenir haleine plusieurs nuits d'affilée. Couverture rouge et blanche, dessins griffonnés par l'auteur et titre atypique : La Consolante. Deux mots qui interpellent mais on s'empêche d'en trouver la signification. On repousse encore un peu. L'explication n'en saura que plus savoureuse à la fin du livre, au détour d'une partie de pétanque. On paie, on serre la poche en plastique contre soi, on la pose religieusement sur une commode en rentrant et on attend. On tire un peu le temps. On attend le moment indicible où on ne pourra plus se retenir pour découvrir la première page...

Au bout de quelques jours, on dévore la quatrième de couverture. L'apéro avant d'attaquer le dîner :
" Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant et adolescent. 'Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retomble, clac, il a l'impression d'avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore et, puisqu'il est devant l'évier, s'asperge le visage en gémissant. Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C'est fini. C'est fini, tu comprends ?' Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l'appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l'évidence : l'échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir. "

Bouffée d'air. Chez Gavalda, c'est ça qui est bon. Les personnages vivent, souffrent, gémissent, pleurent, hésitent et quand ils arrivent au point de non-retour, ils recommencent. Ce ne sont pas des héros, ils sont comme nous, des pauvres humains qui en prennent plein la gueule. Toujours, tout le temps.

Et un soir, ça y est, c'est le grand moment. On y a pensé toute la journée, on s'y est préparé comme à un premier rendez-vous. On a ouvert la première page d'un geste maladroit, angoissé, excité. Et puis voilà, c'était parti. Une longue aventure de 640 pages.

Ce Charles-là, on l'aime tout de suite. Pauvre architecte qui à la place de ses matériaux nobles et grands rêves d'inventeur, doit traiter avec la mafia russe sur des chantiers qui n'avancent pas et résoudre des problèmes cornéliens de marges, calculs et budgets. Charlot vit sa vie entre les limbes du temps, entre avions, décalage horaire et appartement cossu où ne l'attend jamais sa Miss Chanel frigide. Parfois l'ado de la chambre du fond émerge le temps d'un café ou d'un CD. Une gosse qu'il adore même si ce n'est pas la sienne. Une famille comme on en a tous, des soeurs chiantes ou adorables, des beaux-frères sympas ou vraiment lourds et des parents un peu dépassés. Voilà pour le cadre. Forcément avec Gavalda ça ne démarre jamais sur le chant d'un rossignol. Rappelons-nous de Camille presqu'anorexique dans son appart pourri et son boulot de lessiveuse... Et un jour, comme Philibert avait débarqué dans sa vie, une lettre atterrit dans celle de Charles. "Anouk est morte." Et là ça commence vraiment... à partir en bordel. Cette femme de sa vie qui n'est plus, son copain d'enfance avec qui il s'est brouillé, son job de merde, sa femme qu'il n'aime plus, cette gamine qui grandit, cette route de campagne loin de Paris jusqu'à Kate et sa grande bâtisse remplie de rires d'enfants. On découvre tout ça avec lui. Sarcasmes, anecdotes, balgues, fantasmes, crises de nerf, essouflement, dépression...On est là partout et on le suit. Gavalda nous emmène dans cet univers qu'elle maîtrise à la perfection, amours déçues, amitiés rabibochées, destins brisés et un grand coup de volant pour changer la trajectoire qu'on suivait bêtement.

Plaisirs, délices... du Gavalda comme on l'adore.
Patience peut-être un nouveau bijou dans trois ans ?
La Consolante
Anna Gavalda
éd. Le Dilettante
640 pages
24,5 euros
L'édition 2008 du Sidaction est lancée. Pendant trois jours, dix chaînes de télévision, quatre radios consacreront une partie de leur programmation à des émissions spéciales en faveur du Sidaction. Quatre buts dans cette vaste opération de solidarité : faire avancer la recherche, améliorer la qualité de vie des malades, renforcer la prévention et développer l'accès aux soins dans les pays pauvres.

Trop de chiffres

Vingt-cinq ans après la découverte du virus, l'épidémie continue sa progression. Avec la multiplication des traitements de trithérapie, le sida est dans une phase de banalisation dangereuse car il figure toujours comme une des principales causes de décès dans le monde. En 2006, 2,5 millions de personnes ont été infectées par le virus et 21 millions en sont mortes. Au total, 33,2 millions vivent avec le VIH dans le monde (dont 68% en Afrique Subsaharienne). Depuis la signature de la Déclaration d'engagement des Nations Unies sur le VIH en 2001, le nombre de personnes vivant avec le VIH en Europe Orientale et en Asie Centrale a augmenté de plus de 150%. Près de 8 000 personnes en meurent chaque jour.

Et la France n'est pas épargnée dans ce triste constat.
Dans l'hexagone, environ 150 000 personnes sont séropositives et 27 000 vivent avec le sida. Chaque année, 6 à 7 000 personnes sont infectées. Contrairement aux tenaces idées reçues, près d'un tiers seulement sont homosexuels et de plus en plus de femmes sont touchées.

Le VIH et le Sida

Le VIH désigne le Virus de l'Immunidéficience Humaine. Ce virus infecte et détruit certaines cellules qui coordonnent les défenses de l'organisme contre les microbes. Lorsque le nombre de ces cellules devient insuffisant, l'immunité n'est plus efficace. Des maladies graves peuvent alors se développer, elles sont appelées "maladies opportunistes". Quand une personne a une ou plusieurs maladies de ce type, elle a le Sida qui signifie Syndrome d'Immuno Déficience Acquise. Ainsi une personne séropositive peut vivre plusieurs années sans se sentir malade et sans développer le Sida.

Il existe plusieurs modes de contaminations à travers des liquides biologiques qui sont susceptibes de contenir suffisamment de virus pour permettre une transmission :
- le sang (sang total, plasma...)
- les sécrétions sexuelles (sperme, liquide pré-séminal chez l'homme, les sécrétion vaginales chez la femme)
- le lait maternel
- l'ensemble des liquides intracorporels (céphalo-rachidien, amniotique...)

La transmission résulte du contact entre une secrétion infectée et une muqueuse. Les muqueuses perméables sont les muqueuses rectale, vaginale et buccale. Deux cas documentés de transmission par cunnilingus ont été répertoriés en vingt ans, il existe cependant plusieurs cas de contamination par fellation même si cela reste très rare. Une piqûre (usage de drogue ou dans le domaine de la santé) avec une seringue qui vient de servir à une injection peut être porteuse du VIH. Une mère séropositive peut également transmettre le virus lors de l'accouchement ou au cours de l'allaitement. En revanche, le contact entre deux plaie porte un risque minime car il faudrait que le contact soit intime et prolongé entre deux plaies fraiches, ouvertes et sanglantes et que le virus soit capable de progresser à contre-courant puisque le sang sort sous pression.

Pour combattre le virus du Sida, il s'agit donc d'être bien informé, de se protéger avec le seul moyen contraceptif valable, le préservatif et aussi composer le 110 ou aller sur le
site pour faire un don.

Pour les personnes séropositves, plusieurs sites sont à leur disposition pour les aider dans cette lutte quotidienne et notamment 
Sources : http://www.aides.org
http://www.snv.jussieu.fr/
rapport OMS/ONUSIDA décembre 2007


C'est une oeuvre à quatre mains. Quatre paumes qui détiennent renfermées toute une partie de l'histoire du monde. Près de quatre cents pages qui dévoilent la vision d'un métier, d'une vocation. De l'Algérie à la Pologne en passant par Washington, Moscou ou le Cambodge, deux personnages vous emmènenent dans les méandres de la guerre froide.
Ils sont deux. Deux journalistes, deux générations, deux parcours. D'un côté, Jean Lacouture, intellectuel de 87 ans, il a été reporter pour Combat, le Monde, France Soir et le Nouvel Observateur. Ses prises de positions contre le général de Gaulle et la Ve République seront l'objet d'ardents débats. Bernard Guetta, prix Albert Londres en 1981 n'était même pas né quand son comparse d'écriture faisait ses premiers pas dans la décolonisation. Ancien directeur de l'Expansion et du Nouvel Observateur, ce géopolitique de 57 ans est éditorialiste à France Inter et grand reporter à la Repubblica.

Ensemble ils retracent tout un parcours professionnel. Lacouture explore ce traumatisme français de la décolonisation d'Extrême-Orient et surtout d'Afrique du Nord. Correspondant étranger à Saïgon, interlocuteur d'Ho-Chi-Minh, Giap ou Ben Bella, mendésiste engagé, Lacouture n'oublie rien. Ni les regrets et son soutien aux Khmers Rouges, une erreur de neuf mois qui a fait coulé beaucoup d'encre. Lacouture explique tout, et de Guetta, aucune attaque réactionnaire, les deux hommes se comprennent :

" B. Guetta : Le sentiment que ce Cambodge que vous connaissiez ne pouvait pas être le berceau de cette abomination ? Une présempion à la fois intellectuelle et professionnelle ?
J. Lacouture : Excellente formulation ! J'ai gardé un silence épouvanté, sceptique et supérieur : le silence de celui qui croit qu'il sait, lui..."

Guetta raconte la chute du communisme derrière les nombreux murs qui encerclaient les pays de l'Est. Les débuts de Gorbatchev, Solidarnosc, Reagan... Ces observateurs de l'immédiateté nous livrent le coeur des évènements. Ceux que la jeune génération ne connaît que dans les manuels d'histoire. Tout a une saveur particulière à travers les récits de ces deux hommes. Leurs vies entières sont liées aux grands moments de l'Histoire qu'ils nous offrent.

Mais outre cette illustre épopée qu'ils nous font traverser, Lacouture et Guetta proposent une réflexion sur un métier passionnant. Ils nous livrent la raison d'une vocation que la raison ignore. Parachutés dans cet univers par hasard, ils racontent un univers presque perdu dans une société où le journalisme est sans cesse controversé. Ces deux hommes échangent, dialoguent sur leurs visions du métier, leurs expériences, leurs enthousiasmes, leurs déceptions. Ils évoquent les hésitations déontologiques : tout dire ou attendre, évoluer en même temps que les lecteurs ou les déboussoler... Le journalisme n'est pas qu'un travail, c'est une passion qui habille le quotidien. Leur passé est hanté par une image noble du journalisme, de celle que l'on garde d'un premier amour, d'une relation transcendante. Le journalisme les a transformés, façonnés et impossiblir pour eux d'imaginer que leur vocation soit salie aujourd'hui.

"B. Guetta : Il y a de quoi être épouvanté car, sur internet, le dernier des ignorants, des crétins ou des malfaisants peut se décreter journaliste sans aucun titre à le faire. Sur la toile, aucun des garde-fous que la presse s'était donnés elle-même, avec ses règles de déontologie, la vérification systématique de l'information, l'interdiction d'entrer dans la vie privée des gens..."

On ne peut rester insensible à cet ouvrage. Ce recueil de conversations chuchotées par ces reporters regonfle le coeur de tous les jeunes journalistes. Cette génération aujourd'hui désappointée par tous les obstacles que les médias ont dressé sur le chemin.


Le Monde est mon métier
édition Grasset
Prix : 20,90 euros
Sources : Fnac, AFP
Dans un mois, je serai à Paris. Partagée entre stress paralysant et excitation palpable, prête à vivre ce nouveau stage. J'arpenterai les quais Célestins en pensant au bord de mer de la Bocca. Je découvrirai un nouveau quotidien dans cette capitale qui bouillonne.

P3300003.JPG Dans un mois, l'iut et ces trois dernières années ensoleillées seront loin. Terminé, je plie bagages après m'être accrochée à cette licence en sursis dans les algecos gris. Finis les déambulations dans les couloirs du Collège International, les coloc' successives avenue Picaud, les soirées foot, star ac', plage et Morrisson, les Thup, Joyeux et Guyon, les festivals de Mouans-Sartoux, les pannes d'imprimantes, les cours annulés, les bonnettes de micro perdues, les phrases-choc d'Olivier, les plantage d'Adobe, les plateaux-sit et les dérushages sur plasma... Finie aussi cette tribu iutécienne qui a recréé ma famille l'espace de quelques saisons sur la Côte d'Azur. Dans un mois, on se retrouvera aux alentours d'une gare, d'un mail, d'un appel ou simplement d'une pensée nostalgique devant tous les fragments amassés de notre relation d'amour à vingt et des poussières.

Dans un mois, je serai loin de Lui. Plus de départ en week-end dans un TER essouflé en direction de Saint-Laurent, plus de repas familiaux aux odeurs de polenta, gnocchis, dinde et chocolats, plus d'après-midi Wii, ni de soirées dans le Vieux Nice. Plus de régionalisme exacerbé sur les places Garibaldi, Masséna ou devant le Mamac. Dans un mois, ce sera de nouveau coups de fil noctunes grâce au forfait Néo, journées racontées dans le combiné et larmes étouffées une fois la communication achevée. Dans un mois, il me manquera et on ne parlera plus que d'agendas, calendriers, retrouvailles programmées, projets nébuleux et appartement pour deux.

bastille.jpg Dans un mois, Sarkozy se sera auto-programmé empereur de France, Carla l'aura trompé avec Fillon et tous les deux auront été embastillés, le taux de pauvreté aura atteint les 83% et les Français prépareront une révolution pour obtenir du pain. Dans un mois, la liberté de la presse française deviendra l'une des plus controversée du monde et je chercherai activement un plan B.

PHOTOS D.R. C.A. & R.C.

 

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